SUD ENERGIE R&D
François ROUSSELY contre le service public et ses
agents
Une
campagne acharnée
A nouveau F. Roussely vient de
s'exprimer publiquement en plusieurs occasions, cette fois-ci il presse le
gouvernement de légiférer pour le changement de statut de l'entreprise et pour
l’ouverture du capital. Le ton est maintenant alarmiste car il en irait de la
survie de l’Entreprise. Cet argument n'est pas nouveau il a justifié les
incessantes réformes de structures depuis plusieurs années, réformes qui détruisent
la logique de service public de l’intérieur.
Un
nouvel argument pour justifier l'injustifiable
F. Roussely avance aujourd’hui
un tout nouvel argument : il faudrait abroger le « principe de
spécialité », ce qui nécessiterait un changement de statut d’EDF. Ce
principe de spécialité interdit à EDF de vendre autre chose que de
l’électricité en France, ce qui ne permettrait pas à l’entreprise de se battre
sur un pied d’égalité avec ses concurrents sur le marché de l’électricité.
Un
marché ! mais quel marché ?
EDF détient 90% de la production
française, aucune loi actuelle ne l’oblige à vendre cette production aux
concurrents (seuls 6000MW doivent être vendus aux enchères en compensation de
la prise de participation d’EDF dans l’énergéticien allemand ENBW) Quel
opérateur est prêt aujourd’hui à investir dans de nouveaux moyens de
production ? Et comme de plus les importations se trouvent limitées par
les possibilités d’interconnections aux frontières, par quel miracle les
concurrents pourraient aujourd’hui prendre des parts de marché conséquentes à
EDF et menacer sa survie.
Et puis malgré le principe de
spécialité « insupportable » qui pesait sur elle, EDF a gardé plus de
80% de ses plus grands clients en marché concurrentiel depuis 2000, et elle
tend actuellement à regagner les parts de marché perdues plutôt qu’à en perdre
de nouvelles .
Une
bonne solution
Pour nous une des vraies bonnes
solutions, réclamée par nombre « d’experts » serait la réunification
d’EDF-GDF, afin que cette entreprise publique soit en mesure de proposer
l’énergie la plus adaptée à l’habitat des usagers. La question du principe de
spécialité serait ainsi réglée.
Une
dramatisation pour masquer les échecs
On le voit, la dramatisation sur l'avenir d'EDF n'a pas de fondements, cette nouvelle campagne de communication sert à masquer les échecs répétés de la libéralisation de l’électricité dans le monde, rappelons-en les principaux « hauts-faits » :
- une hausse des prix que tout le monde reconnaît aujourd’hui, y compris F;Roussely qui déclarait dans les Echos du 3 octobre: «On ne peut pas avoir les tarifs du monopole avec la concurrence du marché ouvert».
-
- des situations de sous-investissement conduisant à des coupures.
- la disparition de l’égalité de traitement entre les consommateurs, les clients jugés moins rentables supportant l’essentiel des hausses de prix.
- Des missions de service public au rabais, car contraires aux objectifs de rentabilité de toute entreprise en concurrence.
- une fragilisation du système électrique contraignant l’Etat à intervenir dans les pires conditions, cela se traduisant par des surcoûts pour le contribuable. Les profits sont de fait privatisés tandis que les pertes restent mutualisées.
- Une perte de contrôle de la politique énergétique du pays, l’Etat ne disposant plus de l’instrument privilégié de mise en œuvre de ses choix énergétiques qu’est le monopole public.
F.
Roussely s’exprime au nom des futurs actionnaires, il n’a plus de
légitimité !
F. Roussely nous vend à nouveau sa mauvaise soupe d’entreprise du 3ème type, mi-privé, mi-service public et de regarder du côté de France Télécom… dont on annonce aujourd’hui la privatisation totale. Non merci !
F. Roussely prétend s’être appuyé sur une large concertation de tous les acteurs, et en particulier des clients et des salariés d’EDF, pour proposer le plan d’action industriel et social (PAIS) dans lequel figure cette demande de changement de statut.
Pourtant, pour les clients, M. Aghetti, président de l’Union des industries utilisatrices d’énergie, a pris la parole à plusieurs reprises dans la presse (Le Journal du Dimanche du 5 octobre, Le Monde du 5 novembre) pour dénoncer l’absurdité de la déréglementation : « l"iceberg est devant nous, on va droit dessus et rien ne bouge ».
S’exprimant au nom des salariés F.Roussely déclare aujourd’hui que « tous les salariés comprennent que le statut quo serait mortel pour l"Entreprise, dans l"Europe telle qu"elle se construit ». Qu’il organise donc un référendum dans l’Entreprise sur ce sujet et il saura à nouveau ce que pensent les agents.
F. Roussely n’a aucune légitimité pour parler en notre nom, sa seule légitimité aujourd’hui est de s’exprimer au nom des futurs actionnaires privés et ce ne sont pas nos amis.
Nous pensons que F.Roussely n'a plus la légitimité pour dire ce que doit être l'avenir de l'entreprise, c’est le même ton péremptoire qu’il a utilisé pour réaliser ses grandioses opérations à l’internationale et on peine à identifier les domaines où il ne s'est pas trompé.
Rien
n'est joué, l’action est incontournable
Après
avoir fait passer en force le relevé de conclusions, avec l'appui de plusieurs
fédérations, F. Roussely pousse le gouvernement à agir rapidement et procède à
l'intérieur de l'entreprise à une patiente remise en cause du service public.
C'est le sens de PAIS et des négociations sociales qui s'ouvrent ce mois de
janvier, elles se situent directement dans le cadre du changement de statut de
nos entreprises. C'est un nouveau piège tendu par nos directions.
Si
la journée intersyndicale du 20 janvier peut être l'occasion pour nous tous de
rappeler notre profond rejet de toute forme de privatisation nous continuons à
penser que nous devons préparer une grève totale de la profession dés qu'un
projet de loi sera examiné en conseil des ministres;
La
journée du 20 que nous voulons unitaire et massive sera pour nous l'occasion de
rappeler cela.
Sud Energie
01/47/65/30/97